
j'aime ta couverture, elle est folle comme j'aime
des vermisseaux dans les cheveux
ton visage encadré de tripes roses
avec ton coeur publicitaire sur tee shirt arboré
tu es fou
je suis pressée de devorer celui qui dévore
je suis en train de terminer de peindre ma couverture
je me perd dans un nid de boyaux
le temps me brule les doigts comme de la neige
les fourmis me mangent
dans ma terre grise creusent des galeries néantes
je me vide de sens, n'en peux plus de m'attendre
de passer mes jours à m'attendre
l'un apres l'autre sautent par la fenetre
le temps est un arracheur
de tout
rien ne tient
la voile est noire la voile est blanche
la verité est blanche la verité est noire
tout est triple de toute façon
rien ne tient et tout tombe debout
ma tete je sens bien qu'elle se tire
me tire sur le cou comme une mongolfiere gonflée
le ciel l'attire elle va
finir par s'en aller pour sauter comme se pendent tous les jours
derriere l'horizon derobé par le temps
le temps est un bourreau
sous ses pas poussent les mandragores
comme des araignées,
les souvenirs enroulés de soie vidés de leur substance
balancent leur cartilages blancs
en danse cadancée
ton souvenir est la plus brillante des momies
de mon plafond qui pend
je te vois encore qui phosphore bien apres
le début de la nuit
en dernier je t'oublierai
je t'oublierai le dernier.
