Vite , rattraper le rêve qui s'émiette déjà...
Je prenais le chemin pour rentrer à la maison.C'était le même chemin qui descend à la Fontaine aux dons, mais le long du chemin, tout avait changé.
Pourtant, étrangement je reconnaissait tout et tout m'était singulièrement familier.
Nous passions le long des maisons,là ou il n'y a pourtant maintenant que des vignes des bouts de forêt et des haies de genévriers, les maisons défilaient, déroulaient leur frise mais, ce n'était pas les constructions habituelles de nos jours,c'étaient des bâtisses plus anciennes, des édifices qui ressemblaient aux tombes et aux chapelles et aux caveaux du cimetière du Père Lachaise, toutes étaient belles, ornées de lierre de pierre aux perrons ou s'étaient posés des aigles à deux têtes statues gardiennes des grands escaliers à double révolution, des guirlandes de fleurs et de lierre sculptés ornaient les frontons et serpentaient sous les tonnelles et torsadaient les colonnes des carrousels antiques, découpant dans les ombres de la dentelle fine ajourée d'or et de lumière bleutée, des anges et des gargouilles fières et féroces me scrutaient depuis les tours rondes ,j'aimais particulièrement un petit château, que je pourrais dessiner tant il s'est dans ma mémoire gravé plus net que les autres, assez petit et tapis sur lui-même encadré de deux tours blanches et au ventre gris bleu en son bâtiment du milieu, le seul décoré de statues humaines aux membres ronds et souples enlacés autour d'une porte en demi-lune ajourée.
Une fois le chemin déroulé, quand nous arrivions à la maison, elle m'apparût soudain vilaine vue par sa façade du nord, ses traits dissimulé par l'ombre, comme une grande masse brune qui écartait menaçante ses grands murs, en contrebas desquels une petite rivière, coulait.
" Mais papa, tu ne m'avais jamais dit qu'il passait derrière la maison une si jolie rivière , pourquoi as tu fait construire cette horrible cour en ciment toujours moisie qui ne voit pas la lumière? après toi, moi je vais la détruire et refaire le chemin d'origine qui mène au bord de l'eau !" Je me suis alors penchée sur la rivière et j'ai écarquillé les yeux, sous l'eau claire comme de l'air, passaient des trésors, des petits objets précieux, des bijoux ciselés d'or, un bracelet incrusté de pierres violettes et brillantes, des statuettes d'ivoire et des petits coffrets peints ou courraient, miniatures, des chevaux comme la nuit noirs, rouges comme le feu et blancs comme l'écume des mers, tous passaient devant moi doucement égrainés comme des perles par le courant très doux qui ridait à peine la peau lisse de l'air de l'eau de la rivière retrouvée.Je passais ma main à travers, caressant la lumière de quelques objets mais sans les prendre, c'était si beau.En ouvrant une petite boite, de la musique s'est échappée sous l'eau libérant un petit sachet de velours noir que j'ai retenu de couler, le seul objet que j'ai volé à la rivière était ce petit sachet, je me suis alors souvenue de toi à ce moment de mon rêve et me suis dis que je t'en ferais cadeau.Il contenait un seul petit dé d'ivoire, minuscule comme un os de doigt, j'ai pensé que tu pourrais avec lui, continuer de jouer avec moi,à me tirer au sort, comme tu aimes...
vendredi 7 janvier 2011
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