mardi 8 février 2011


Quand j'étais adolescente, j'avais accroché dans ma chambre une carte postale qui représentait ce boche là comme dit mon père, terrorisé. Je savais pourtant que ce portrait photographique était celui du mal absolu, à cause du casque, et au nom de ces montagnes de chaussures et de chevelures humaines, aux nom de tous les hommes. Mais le visage de ce jeune homme, je le trouvait beau et cela me perturbait absolument, et n'arrivant pas à décider s'il fallait ou pas sauver celui là, je l'ai laissé sur le mur en attendant d'où il me regardait longtemps avec un regard tantôt très doux et mélancolique,tantôt diabolique et cruel et fouineur. Combien de fois mon père m'a t'il dit que s'Ils avaient gagnés la guerre ,on aurait tous brûlés ,tous, tous les trois ,et moi je m'imaginais cela, j'en faisais des rêves mauvais, de ceux qui restent gravés au fer dans l'oeil intérieur qu'on ne ferme pas, papa maman et moi nous dormions quand le feu se mettait soudain à flamber,je nous voyais tous les trois brûler vifs dans la maison qui était devenue rouge toute entière,je nous regardais par la fenêtre de la chambre et ne pouvant etre deux fois là à l'intérieur, je ne pouvais rien faire que de rester ici dehors et jusqu'au bout regarder tout par la force.

Aucun commentaire: